L’histoire passionnante de Breakfast at Tiffany’s

Bonjour, aujourd’hui je vais vous parler d’un film et d’un livre que j’ai trouvé absolument formidables ! Il s’agit du film culte Diamants sur canapé (Breakfast at Tiffany’s en titre original) de Blake Edwards, avec comme vous devez le savoir, la grande Audrey Hepburn. Le livre a quant à lui pour auteur Sam Wasson, et s’intitule 5 Avenue, 5 heures du matin.

Ce dernier, publié aux Etats-Unis en 2010, n’apparait en France qu’en 2012. Cet essai sur le cinéma, est écrit par l’inconnu (en France) californien Sam Wasson, cinéphile et grand historien du cinéma. Auteur de plusieurs livres, 5e Avenue, 5 heures du matin en est le deuxième. Il y raconte la genèse et le tournage du film maintenant culte, Diamants sur Canapé de façon glamour, comme un scénario hollywoodien. Toutes les personnes liés à ce film, à son déroulement, ou qui ont contribué à l’influencer y passe. Pour expliquer la fabrication de ce film révolutionnaire, Sam Wasson va aller à sa première origine; c’est l’imagination d’un des plus grands écrivains américains Truman Capote, qui va permettre plus tard à Diamants sur canapé de voir le jour. C’est en effet en 1951, que le romancier commence à écrire les premières pages de son court roman Petit déjeuner chez Tiffany, dont, comme vous l’avez compris, le film est inspiré. A partir de ce moment, l’auteur va énumérer les acteurs, scénaristes, réalisateurs, producteurs, sociétés de production, costumiers, créateurs de mode, et j’en passe, qui ont été de près ou de loin lié au projet.   C’est ainsi qu’à partir du roman de Capote, nous découvrons comment deux producteurs hollywoodiens (Marty Jurow et Richard Sheperd) qui viennent de lancer leur société de production cinématographique, vont se battre pour obtenir les droits du roman pour en faire un film. Sam Wasson aurait pu laisser le fil conducteur faire tout le reste, nous raconter avec lassitude et de façon ennuyante (disons le clairement) le choix du réalisateur, des acteurs, le tournage et les relations entre les uns et les autres, jusqu’à la sortie du film… Mais non, au contraire ! En contant le combat des producteurs, il y nous présente en parallèle la carrière de Audrey Hepburn, ses débuts, sa rencontre avec Colette, le choix de ses rôles, sa vie pivée, etc . Au lieu de nous donner un récit classique et solennelle, l’auteur fait intervenir plusieurs acteurs assez impressionnants et inattendus, et grâce à ses derniers et des anecdotes, nous donne une vision globale de la société des années 1950-1960, en la critiquant par moment certes avec humour, mais également avec sincérité et sans trop s’égarer de son but principal. C’est comme cela qu’on apprend que Truman, ne voyait que Marilyn Monroe pour interpréter le rôle de Holly Goligthly (personnage principal), mais n’ayant son mot à dire dans la réalisation du film, ne put mettre son objection quand au choix d’Hepburn. Nous découvrons également qu’il y a eu un changement de scénaristes (ce sera finalement George Axelrod, scénariste notamment de Sept ans de réflexion) mais aussi de réalisateurs (le film était en effet sous la direction de John Frankenheimer, mais sera retiré du projet à la demande de Audrey Hepburn, et remplacé par Blake Edwards), que la chanson classique Moon River, de Johnny Mercer et Henry Mancini ne devait même pas voir le jour, que l’irrésistible acteur George Peppard (jouant Paul Varjak, l’amant d’Holly) n’était pas très apprécié par l’équipe du tournage ou encore que l’actrice principale elle-même, avait été à deux doigts de refuser le rôle.

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Marilyn Monroe et Truman Capote au El Morocco en 1955.
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Audrey Hepburn et Colette en 1951.

 

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George Peppard dans Diamants sur Canapé (1961).

 

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Truman Capote, Audrey Hepburn et son mari de l’époque, Mel Ferrer.

 

Mais l’une des anecdotes que j’ai trouvé les plus croustillantes (car croyez moi, il y en a plusieurs) est la scène de la fête dans la l’appartement new-yorkais d’Holly. Pour filmer cette scène (très drôle et bien réalisée, passant d’un plan à un autre), le réalisateur Blake Edwards avait eu la brillante idée, pourtant toute simple et efficace, de ne pas prévenir les acteurs et figurants que c’était une scène de film ! Pour cela, Edwards a organisé une soirée, en invitant plusieurs personnes, sans les prévenir qu’il les filmait. Le but du réalisateur était que la scène soit la plus réaliste possible, il fallait donc que les acteurs s’amusent réellement. Le résultat est plus que réussit, donnant une scène déjantée et complètement décalée (le téléphone qui sonne, dans une valise posée sur le sol en est la preuve).

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Pour conclure, l’auteur de 5e Avenue, 5 heures du matin nous fait le récit de Diamants sur canapé qui a été le précurseur d’un nouveau genre, la comédie romantique, dans la société conformiste des années 1960 aux Etats-Unis, où la censure régnait. Le film est révolutionnaire dans le sens où il réussit à montrer un personnage libertin (Holly) qui vit de ses atouts charnelles -mais aucune scène de sexe à l’écran pour éviter la censure (grâce au gros travail du scénariste et réalisateur)- et qui est pourtant très heureux et ne s’en cache pas. L’anticonformisme (refus des règles de la société) du film, fait comprendre aux spectateurs qu’ils ont le droit de ne pas être d’accord avec les normes de leur société; c’est en cela que Breakfast at Tiffany’s est révolutionnaire.

Sam Wasson a voulu nous expliquer on point de vu, en passant par des anecdotes hollywoodiennes, et parfois par des choses et des arguments plus graves. Même si j’ai trouvé que son opinion pour certains faits, ne pouvait être totalement objective (étant donné qu’il avait parfois uniquement la version d’une personne singulière, et non d’un article de presse), sa manière d’écrire, tel un scénario de film (je n’ai vraiment pas eu l’impression de lire un essai !) est très originale. Car en réalité, Wasson ne fait pas que nous conter la genèse de Diamants sur canapé, qui a duré 10 ans, ou son tournage, et ne fait pas que critiquer la société des années 50-60. Non, c’est le système hollywoodien tout entier qu’il critique à travers ce livre; c’est la description de la genèse et le tournage de n’importe quel film qu’il nous raconte : les acteurs principaux qui se haïssent, les problèmes d’argent, de réalisme, de scénario, trouver un distributeur pour le film, convaincre l’acteur/l’actrice d’accepter le rôle etc.

En réalité, les années 1950 sont extrêmement hypocrites; tout le monde se déteste, mais tout le monde se sourit. Il faut montrer que tout va bien dehors, alors que rentré à la maison et seul, tout va très mal. Il faut montrer sa richesse, ses habits, avoir le plus d’amis, alors que tout ceci n’est qu’artificielle. L’image publique, durant ces années était très importante, encore même plus que la réalité (ce que le film nous montre explicitement). L’Hollywood de ces années là (son âge d’or), nous répulse pour son incroyable hypocrisie et cruauté, mais nous fait toujours autant rêvé pour sa beauté, sa classe et son glamour. Ce paradoxe, assez compliqué, Sam Wasson a bien réussi à l’expliquer, et sans embarras, ce qui fait de ce livre un chef d’oeuvre.

Finalement, Diamants sur canapé est une comédie hilarante (mais pas si bête), où c’est l’innocence de la protagoniste plutôt naïve qui nous fait plier de rire, et où le romantisme atteint son paroxysme en montrant tous ces côtés sans vulgarité. Mais le film, non seulement en étant l’une des premières comédie romantique, arrive à faire passer un message fort, celui de la liberté, de la folie et de surtout ne pas se conformer systématiquement aux valeurs qui ne nous conviennent pas. Tout ceci lui permettra de devenir culte.

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Audrey Hepburn devant la vitrine de Tiffany. Diamants sur Canapé (1961).

 

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Diamants sur canapé (1961).

 

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Diamants sur canapé (1961).
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La scène finale de Diamants sur canapé (1961).

Quand à 5e Avenue, 5 heures du matin, cet essai original, pour moi, est écrit comme un scénario de film. Il nous présente dès les premières pages, les premiers et second rôles, et la première apparition à l’écran. Construit de telle sorte à ce qu’on arrive à voir visuellement ce que l’on lit, est assez impressionnant de la part de l’auteur.

5e Avenue, 5 heures du matin serait en réalité un de ses films que l’on tourne de nos jours (avec les acteurs les plus en vue du moment), racontant avec nostalgie la genèse du célèbre Diamants sur canapé, avec à la fois de la répulsion et de l’admiration pour cet Hollywood mythique, qui nous fait toujours rêvé. Bluffant !

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